HISTOIRE LOCALE


:: Les origines

arrow.pngDans la moyenne vallée du gave de Pau (de Nay à Orthez) se développe la "métropolis" béarnaise qui égrène (à l’exception de Pau et de ses satellites immédiats) sur une cinquantaine de kilomètres des centres modestes qui tiennent plus de la bourgade que de la ville. Ces villages ménagent encore entre eux de larges coudées de terres agricoles consacrées à l’élevage, à la culture du maïs ou au maraîchage

Rontignon, un de ces villages au passé fondu dans celui de la vallée, dispose d'un territoire communal s’étendant à la fois dans la plaine et sur les coteaux, assez réduit dans le premier secteur mais débordant assez largement sur le second.

L’étroitesse de la terrasse inférieure et sa fragmentation ne se sont pas prêtées à la constitution de larges terroirs de culture : ces villages se composent de parcelles de dimensions et d’orientations très irrégulières.

La date de mise en valeur des sols n’est d’ailleurs pas à négliger : elle semble ici assez tardive, au censier de 1385, Rontignon ne comptait que 9 feux, soit environ 36 habitants, ce qui laisse supposer que le peuplement y était alors récent, d’autant plus que ce lieu-dit ainsi que d’autres tel que Narcastet, Uzos, Mazères et Lezons ne sont pas cités avant le XIIIe voire le XIVe siècle.

L’absence d’un parcellaire homogène et régulier est en rapport avec la faible concentration de l’habitat : des espaces vides séparent souvent les maisons.

L’agglomération s’est établie soit dans la plaine elle-même, au bord de quelques ruisseaux, soit plutôt au débouché des vallons qui entaillent les coteaux, au contact des versants. De cette ligne de contact, la population, vite à l’étroit, a essaimé sur les coteaux avoisinants, créant des hameaux tel que celui de Rontignon.

Le passé de Rontignon est peu connu ; néanmoins, l’analyse toponymique ne laisse pas de doute sur l’origine du nom de la commune. Celui-ci apparaît sous différentes orthographes dès le XIVe siècle et jusqu’au XVIIIe où la carte de Cassini révèle le nom actuel. Rontignon dérive du nom latin d’une personne nommée Frontinius auquel on a ajouté le suffixe -onem (domaine de). Cette dénomination signifie donc domaine de Frontinius.

Enfin, la terminaison en -on est considérée comme le reste d’une déclinaison du bas-latin.
D’après ces données, l’hypothèse d’une origine ancienne peut être émise : vers le haut Moyen-Âge.

:: L'urbanisation initiale

arrow.pngLa seigneurie de Rontignon faisait partie du marquisat de Gassion et était connue au XVIe siècle pour ses vignes et ses moulins.

Sur la section A du cadastre de 1819, apparaissent une église proche d’un château. Ces deux édifices qui ont aujourd’hui disparu étaient excentrés par rapport au bourg actuel. Un texte commencé en 1772 par l’abbé Bonnecase de Pardies indique : "L’église paroissiale est sous l’invocation de saint Pierre dont on célèbre la fête le 29 Juin. Cette église, voisine du château seigneurial est éloignée du corps du village."

L’église et le château sont supposés avoir été construits à l’époque Romane, après le Xe siècle ; cela laisse à penser que le bourg a pris place entre deux pôles attractifs : le château d'une part, et les moulins d'autre part situés sur le canal dit "des Moulins".

Le village s’organise alors autour de trois voies de communication :

Swirl_BlBlue.gif une voie dite "de la Maison-Commune", qui mène à l’ancien château et son église ;

Swirl_BlBlue.gif une voie appelée aujourd’hui "rue du Vieux-Bourg" ;

Swirl_BlBlue.gif enfin, une route dite "de Pau à Nay" aujourd'hui "rue des Pyrénées" que rejoignent les deux voies précédentes.

Il semble, selon la mémoire collective, que l’église ait été démontée pierre par pierre, les matériaux étant réutilisés pour la construction de l’église actuelle au XIXe siècle.

Les trois voies de communication exposées précédemment constituent une boucle qui au contraire d’autres bourgs de la moyenne vallée du Gave ne va que très peu se ramifier.


:: Le bâti des derniers siècles


arrow.pngAux XVIIe et XVIIIe siècles, l’implantation des bâtiments d’habitation se fait parallèlement à la rue. Ce type de construction simplement constitué par deux pièces qui se suivent et dont les ouvertures se situent sur les pignons, s’établit sur une parcelle étroite et longue.

Au XIXe siècle, avec les initiatives de Napoléon sur la possibilité offerte au monde agricole d’acquérir des terres cultivables, les surfaces acquises sont plus grandes, le plan d’habitation se modifie. La maison d’habitation expose alors sa façade au sud ou au sud-est. Ainsi, les ouvertures sont-elles au soleil et la maison tourne le dos au mauvais temps. D’ordinaire, le pignon se trouve en bordure de la rue, celle-ci présente alors une succession de pignons séparés par l’étendue des cours. Le pignon se prolonge par un long mur de clôture percé d’un grand portail au centre et d’une petite porte laissant passer charrettes et piétons.

Perpendiculairement à la maison d’habitation et proche de celle-ci, la grange-étable est de forme rectangulaire et de finition moins soignée.

Au cours de ce siècle et avec l’amélioration du niveau de vie, les maisons vont s’allonger jusqu’à toucher la grange-étable, puis se rehausser d’un étage se transformant en demeures de maître.

Avec le XXe siècle, apparaissent le long des voies de communication (départementale 37 d'abord) des maisons à l’architecture non définie, détonnant par rapport à l’homogénéité du bourg. La vente de lots par des propriétaires terriens va permettre, à partir de 1975, l’émergence de lotissements, d’abord repliés sur eux-mêmes, puis s’ouvrant sur l’extérieur par l’aménagement de voies de communication. Les constructions y sont souvent modernes mais ne choquent pas le passant en raison de leur éloignement du bourg historique.